Dix Ans D’Indépendance Avec Grégoire Kayibanda V
La politique éducationnelle, sociale et culturelle
Le Président Kayibanda a toujours considéré que la formation, le progrès social et l’épanouissement culturel des masses populaires devaient être le but et en même temps la meilleure garantie d’une politique stable et continue de progrès.
« Chacun de nous, déclarait-il le 1er janvier 1967 à l’occasion d’un Message de nouvel an, est convaincu que plus les masses populaires seront éduquées, plus facile, plus rapide et plus rentable sera le travail des leaders de chaque secteur de développement; moins exploitables seront ces masses populaires, qui participeront plus efficacement à l’effort des dirigeants; et plus démocratique sera le développement national ».
Partant de ce principe fondamental, le Gouvernement rwandais s’est efforcé de mettre en œuvre un maximum de moyens éducationnels : à la fois pour former et informer les populations, et pour leur donner les cadres dont elles ont besoin.
Dans le domaine de l’enseignement proprement dit, l’effort gouvernemental a été réellement considérable. L’enseignement primaire fut, dans la Constitution de 1962 puis dans la loi scolaire de 1966, déclaré gratuit (La Constitution reprend le principe de l’enseignement gratuit en tout ou en partie jusqu’à l’âge de 15 ans pour tout élève dont les parents sont financièrement incapables de payer le minerval.)et théoriquement obligatoire pour tous les enfants en âge de scolarité. Il s’en suivit un afflux d’élèves, qui nécessita l’instauration d’un nouveau système, de « double vacation », mis en route dès l’année scolaire 1961-62; dorénavant, dans les trois premières classes primaires, chaque maître enseigna à un double contingent d’élèves : un le matin et l’autre l’après-midi. En ces « années héroïques », ce nouveau système fut adopté d’enthousiasme. Et sa portée fut tout de suite spectaculaire : le nombre des enfants du primaire passa de 160.000 en 1960-61, à 217.000 en 1961-62, puis 280.000 en 1964-65, et 409.000 (dont 43 % de filles) en 1969-70.
Tout en adoptant ce système, le Gouvernement décida en 1962, pour mettre fin à toute inégalité, de prendre en charge les quelque 700 classes créées et entretenues par les parents en dehors du réseau d’enseignement ordinaire depuis 1954. Cette même année 1962, il décida d’étendre à l’ensemble du personnel enseignant les principales dispositions du Statut des fonctionnaires de l’Administration Centrale à la fois en ce qui concerne les barèmes de rémunération et les compétences hiérarchiques et disciplinaires.
Des problèmes pratiques s’élevèrent toutefois pour l’application de ces dispositions, le système de l’enseignement libre subsidié impliquant l’intervention d’une structure non administrative. Et c’est pour parachever la réorganisation ainsi entreprise, que quelques années plus tard, en 1966, l’ensemble des structures et de l’organisation de l’enseignement furent centralisées et rationalisées par la loi : les moniteurs, regroupés sous la direction de maîtres principaux, furent dorénavant inspectés, dirigés et payés par des fonctionnaires (inspecteurs de secteur et, au-dessus, inspecteurs d’arrondissement). L’enseignement primaire ainsi réintégré dans la hiérarchie administrative devait obligatoirement comporter des cours de religion ou de morale.
Compte tenu du dédoublement des classes en « double vacation » et de la reprise des anciennes « classes de parents », le personnel enseignant primaire passa de 2386 unités en 1960, à 5441 en 1965, et 7025 en 1970. L’effectif moyen des élèves par classe se chiffrait à une quarantaine en 1965, et à 38 en 1970-71; ce qui n’était pas excessif, les enfants rwandais étant d’une façon générale fort appliqués à leur petit travail.
Le système de « double vacation » qui visait l’alphabétisation de toute la jeunesse du pays endéans les 5 ans, ne donna pas, dans les années suivantes, tous les fruits qu’on en attendait. D’abord parce que les maîtres étaient pour la plupart d’une formation pédagogique insuffisante; ensuite parce que, avec un temps d’imprégnation scolaire réduit de moitié, le contenu de l’enseignement n’avait pas pu être amélioré et mieux adapté aux nécessités du développement harmonisé de la société rwandaise; et enfin parce que les moyens matériels avaient au départ fait gravement défaut. Durant l’année scolaire 1963-64 en particulier, la situation des écoles primaires devint effectivement misérable : « un livre, une ardoise pour plusieurs élèves (les réserves de matériel étaient épuisées), des classes dépourvues de craies et de touches, des bâtiments commençant à s’effriter…».
Pour tenter de surmonter ces grandes difficultés, le Gouvernement s’efforça d’abord de former d’urgence des maîtres plus qualifiés : comme mesure d’urgence, un cycle de 2 ans pour la formation de moniteurs et de monitrices auxiliaires fut mis en route en 1963, s’ajoutant aux cycles existants de 4 et de 7 ans pratiqués dans les Écoles Normales inférieures et moyennes. Puis en 1964, fut créé un « centre de formation pédagogique » ayant pour but de perfectionner en six mois de stage des directeursd’école destinés à devenir inspecteurs dans le cadre d’un enseignement primaire réorganisé au niveau de chaque Préfecture en différents secteurs. En janvier de cette même année 1964, le Ministère de l’Éducation Nationale avait lancé une nouvelle Revue Pédagogique, destinée à élargir l’horizon des enseignants sur les techniques d’enseignement, et à rompre leur isolement; il avait, dans le même temps, créé un Centre de Documentation et de Recherche Pédagogique, que l’UNESCO favorisa de plusieurs subsides non négligeables.
En 1964, à la suggestion d’une mission de l’Unesco, l’enseignement primaire fut redivisé en deux cycles : le premier de 4 ans, et le second de deux. L’ancienne 7èmepréparatoire au Secondaire fut supprimée et remplacée par un concours général simultané dans tout le pays pour tous les élèves sortant de la 6e primaire.
Pour les enfants non scolarisés, une expérience nouvelle fut entreprise à partir de 1965 par l’«Université Radiophonique de Gitarama (URG)[fondée par les Dominicains : ndlr] » qui mit en activité aux environs de cette localité une douzaine de centres audio-visuels, donnant à un millier d’enfants un programme d’enseignement « ruralisé » de 4 ans.
Pour les enfants scolarisés mais ne pouvant accéder au Secondaire, des programmes spéciaux furent organisés.
Pour les filles, fut instaurée dès 1962 une « année complémentaire familiale», venant remplacer les 8 anciennes écoles ménagères post-primaires (cycle de 3 ans en internat) qui n’atteignaient qu’un peu plus de 400 jeunes filles privilégiées. Ce complément familial d’un an, qui visait essentiellement à préparer de futures bonnes mères de famille, fut en 1968 et 69 étendu à 2 puis 3 ans. Si bien que de 37 classes en 1962, l’on passa en 1971 à 74 écoles comportant en tout 207 classes, c’est-à-dire plus de 4000 élèves. Cette même année, le nombre des directrices et des monitrices desservant ces classes se chiffrait à 260, quasiment toutes formées dans les Écoles Techniques Féminines de Mubuga, Nyanza et Remera (cycle terminal de 2 ans après le tronc commun); un cycle moyen de 4 ans a été récemment organisé à Kibuye, pour la formation de futures directrices; et le contrôle de l’ensemble de ce personnel a été exercé par deux inspectrices nationales. Une des particularités de cet enseignement complémentaire est qu’après une dotation initiale de chaque école par le Ministère de l’Éducation Nationale (matériel didactique et premier approvisionnement), elles s’autofinancent par leur propre travail, sauf pour ce qui concerne le personnel. Venant compléter cet effort pour un enseignement familial, le Ministère a lancé en janvier 1971 une forte bonne revue trimestrielle intitulée « Vie féminine et enseignement familial », destinée aux monitrices. Pour les garçons n’ayant pas accès au Secondaire, quelques « centres d’éducation rurale et artisanale » (cycle de 3 ans) ont été créés en 1970 à titre expérimental. Mais dès 1964, un Service Civique de la Jeunesse avait été institué au sein du Ministère de la Garde Nationale pour donner aux jeunes volontaires de 15 à 19 ans un complément de formation devant les aider à trouver ultérieurement une occupation intéressante dans l’agriculture, l’artisanat, etc.; cela, tout en participant à certains programmes d’utilité publique, comme une main-d’œuvre polyvalente bien formée et disciplinée. De 1965 à 68, quelque 450 jeunes gens ont été ainsi annuellement formés dans 9 Camps de Jeunesse préfectoraux, avec un encadrement de gradés de la Garde Nationale. Depuis 1968, une cinquantaine d’instructeurs spécialisés ont été formés (stage de 6 mois, après le tronc commun); et en 1969, fut construit à Kanombe un Camp Central de la Jeunesse, formant 160 jeunes gens par an. A partir de 1970, tous les Camps Préfectoraux ont pu être confiés aux nouveaux instructeurs, appliquant dès lors un programme uniforme. A côté de ces Camps ont été créés deux centres spéciaux : l’un pour le reclassement agricole, à Mayange, et l’autre pour la rééducation et la réadaptation de jeunes délinquants à Gitagata. Un millier de jeunes gens sont ainsi encadrés annuellement par le Service Civique de la Jeunesse. Quant à l’Enseignement Secondaire, il avait été également quelque peu restructuré, à la suite de la mission de l’Unesco de 1964. 11 comporta à partir de cette époque, en plus des humanités classiques (latin-mathématiques, latin-sciences et gréco- latines), un premier cycle d’orientation de 3 ans : le « tronc commun ». Généralisé à partir de 1968, ce cycle donnait accès soit à un cycle supérieur d’humanités modernes débouchant sur l’enseignement universitaire et supérieur, soit aux cycles techniques moyens (agricole, vétérinaire, médical, administratif, commercial et pédagogique) et terminaux (pédagogique, technique féminin et professionnel).
En 1960, l’enseignement secondaire général était assuré pour le Rwanda par 24 établissements : le Groupe Scolaire de Butare, 3 collèges pour garçons (Bujumbura, Nyanza et Kigali), 4 Petits Séminaires (Kabgayi, Nyundo, Rwesero et Kansi),1lycée pour filles (Gisenyi), 14 écoles normales inférieures, une école normale moyenne et une école technique professionnelle (Kicukiro).
En 1971-72, douze ans plus tard, l’effort gouvernemental a porté le nombre de ces établissements à 631. Pour les garçons : le cycle commun d’orientation est assuré dans 17 établissements; les cycles supérieurs diversifiés dans 19 établissements, y compris les Petits Séminaires et les études secondaires techniques (agricole, vétérinaire, médical, etc.); l’enseignement normal inférieur et moyen respectivement dans 6 et 5 établissements; et l’enseignement professionnel, donné à Kicukiro, a été étendu de 250 à 307 élèves.
Pour les filles : le cycle commun d’orientation est assuré dans 17 établissements ; les cycles supérieurs diversifiés dans 2 établissements; l’enseignement normal inférieur et moyen dans respectivement 8 et 4 établissements; l’enseignement social, médical et ménager respectivement dans 1, 2 et 4 établissements.
En 1970-71, le nombre des diplômés sortant du Secondaire atteignit 883, dont 283 pour le cycle supérieur des humanités, 393 pour l’enseignement normal, 169 pour l’enseignement professionnel, et 38 pour l’enseignement technique.
Pour remédier à la grande pénurie de matériel didactique dans le Secondaire et le Primaire, le Rwanda a reçu des aides diverses : fin 1963, une campagne de solidarité dans les écoles de Belgique a donné environ 20 tonnes de bonnes fournitures classiques qui furent affectées par priorité à l’enseignement secondaire l’armée suivante; en 1964 et 65, des campagnes similaires ont été entreprises au Québec par le Comité Québec-Rwanda, l’une d’elles donnant 400 caisses de fournitures classiques, 800 manuels scolaires, 11000 $, etc… ; entre 1965 et 67, plus de 100 000 manuels scolaires furent donnés par la France.
Puis en 1970, le Ministère de l’Éducation Nationale put faire imprimer des livres scolaires proprement rwandais et mieux adaptés que tous autres aux réalités pédagogiques rwandaises. Et un Bureau Pédagogique fut prévu au sein du Centre d’Étude et de Recherches Pédagogiques.
Dans le domaine de l’enseignement supérieur et universitaire, un effort considérable a également été réalisé : dès 1962, le Président Kayibanda réussit à intéresser l’Ordre des Dominicains et en particulier la province canadienne de cet Ordre à un projet d’Université nationale rwandaise. Et le 3 novembre 1963, six mois après la signature d’une Convention entre le Gouvernement et l’Ordre des Dominicains, l’Université Nationale du Rwanda (UNR) ouvrit ses portes. Non confessionnelle mais d’inspiration chrétienne, elle débuta avec une cinquantaine d’étudiants répartis en quatre Facultés : Médecine, Lettres, Sciences sociales et, l’année suivante, Sciences. Elle bénéficia dès le départ d’une aide canadienne officielle, à laquelle s’ajoutèrent bientôt des aides belge, américaine et française.
L’inauguration de PUNR fut l’occasion pour le Chef de l’État rwandais de préciser sa pensée sur le cadre culturel que l’Université aurait à respecter : « La culture que nous voulons pour notre peuple, dit-il, doit être une culture qui ne soit pas entachée de paternalisme, mais qui soit une culture authentiquement rwandaise, africaine, internationale, démocratique, et inscrite dans une perspective chrétienne. Elle sera rwandaise si l’on tient compte des valeurs individuelles, interpersonnelles, sociales, socio-économiques des habitants du pays… » Et insistant sur le caractère démocratique de l’Université, il dit encore : « Il faut que les étudiants sortent convaincus qu’on se cultive non seulement pour soi, mais principalement pour les autres. Il faudra que ceux ou celles qui auront été formés à l’Université Nationale se reconfondent en quelque façon à la masse de leur peuple pour ne faire qu’un avec cette masse, et lui communiquent les bienfaits qu’ils auront reçus. » A partir de 1967, la Faculté de Médecine de Butare a été prise en charge par l’Université de Gand, qui lui assura un niveau technique réellement efficace; et cette même année, l’hôpital de Butare devint hôpital universitaire. Une nouvelle formation d’ingénieurs civils doit être assurée à partir de 1972, grâce au concours de l’Université de Gand. Quant à la Faculté de Lettres, elle bénéficie depuis cette même année d’une aide technique et financière de la Coopération française.
En 1967, le Canada avait décidé d’amplifier son aide à l’UNR et de lui apporter le considérable subside de 75 millions de francs par an durant 5 ans’. Les hautes fonctions de Recteur de l’Université, assurées jusqu’en octobre 1971 par le P. G.-H. Lévesque OFP, furent confiées à partir de cette date à M. S. Nsanzimana, jusque-là Ministre de la Coopération Internationale.
Le nombre des étudiants inscrits à l’Université passa à 127 en 1965-66, et plus de 470 en 1971-72. A cette formation au Rwanda même, s’ajoutait depuis le début une formation dans plusieurs Universités étrangères où le Gouvernement rwandais reçut un nombre croissant de bourses d’études (427 en 1971-72, contre 351 en 1965-66 : en Belgique, en République du Zaïre, en France, en RFA, en Suisse, en URSS, et en EAC (Makerere), etc.
Autre enseignement supérieur, délivré au Rwanda dès 1961 : celui de l’École d’Officiers de Kigali, qui de 1961 à 1972 a sorti douze promotions pour la Garde Nationale et, de 1968 à 1972, trois promotions (Deux premières promotions avaient été formées à l’Ecole de Police de Ruhengeri) pour la Police Nationale.
Enfin, un enseignement supérieur a également été organisé à l’Institut Pédagogique National de Butare (depuis 1966, cycle de 3 ans), à l’École Supérieure des Sciences Infirmières de Butare (depuis 1969, cycle de 3 ans), et à l’École Technique Féminine Supérieure de Save (depuis 1971, cycle de 3 ans).
A côté de ce considérable déploiement d’efforts dans le domaine de l’enseignement, le Gouvernement entreprit dès 1962 une action particulièrement soutenue pour la promotion de l’ensemble des femmes adultes et des jeunes filles. En vue de cette action, la formation de Monitrices Sociales (cycle de 4 ans post-primaires) puis d’Assistantes Sociales (cycle de 7 ans à partir de 1964) a été assurée par l’Ecole Sociale de Karubanda (Butare) fondée en 1956. Quant aux Monitrices Communales, elles ont été formées (cycle accéléré de 6 mois), et recyclées, par les Foyers Sociaux de Préfecture, puis à partir de 1969 par les deux Foyers Sociaux de Gisenyi et Butare.
Pour l’organisation de l’action sociale, le Gouvernement rwandais a porté de 3 à 10 le nombre des Centres Sociaux principaux : un par Préfecture. Sous la supervision de ceux-ci, ont été créés une quarantaine de Centres Sociaux de Secteur, supervisant eux-mêmes quelque 375 Centres Sociaux Communaux (dont 15 non gouvernementaux) en 1972. Réparties dans les différents Centres, l’on comptait en 1962 8 Assistantes Sociales (toutes étrangères), 10 Monitrices Sociales, et 300 Monitrices Communales; et en 1971, respectivement 17 (dont une seule étrangère), 73 et environ 550.
Le programme d’action poursuivi par ces cadres sociaux a visé à l’amélioration des connaissances des femmes dans tous les domaines de leurs activités (ménage, éducation des enfants, couture, travaux des champs, etc.), soit en recevant les candidates aux Centres, soit par des visites à domicile. Les obstacles à l’efficacité de cette action n’ont toutefois pas manqué : insuffisance de matériel didactique, difficultés de supervision, insuffisance des recyclages, insuffisance de l’appui des autorités communales, etc.
A côté de cette action sociale au bénéfice des femmes adultes et des jeunes filles, une action encore modeste a été entreprise pour l’alphabétisation des adultes à partir d’une quarantaine de centres en 1968, et d’une soixantaine en 1970. Entre 2 000 et 3 000 adultes ont été ainsi alphabétisés par an.
Un autre grand moyen mis en œuvre pour la formation des masses fut encore la presse. Presse radiodiffusée d’abord, grâce au nouvel émetteur de 50 kW pouvant être entendu à travers tout le pays, et grâce à la multiplication des petits récepteurs à transistors fabriqués par la Coopérative Mera n. Les émissions éducatives sont passées approximativement de 7 heures par semaine en 1965 à 11 heures en 1971. La presse écrite, ensuite, groupant les périodiques Imvaho, Kinyamateka, le journal de Trafipro et plusieurs publications à tirage réduit.
Enfin, se plaçant au niveau des grands principes fondamentaux devant régir la vie et le progrès de la Nation, le Président Kayibanda décida d’assurer la pérennité et l’épanouissement de la culture rwandaise et son intégration dans le processus du développement national. Et à cette fin, il créa le 20 février 1971 une Académie rwandaise de Culturel.
Dans une lettre adressée le 27 septembre 1970 aux principales autorités responsables de la culture nationale, il avait défini les deux grands objectifs à atteindre : donner une base vitale et culturelle harmonieuse aux efforts de développement; et participer à l’épanouissement des valeurs africaines dans la région centrale du continent.
« Si une Nation perd sa culture, écrivait-il, elle perd son âme; et perdant son âme, elle perd ses forces les plus profondes et les plus vives. Elle est alors ballotée par tous les vents d’idées et de pensées et elle n’a plus de base où fonder son développement national. Elle ne sait démocratiser ce qui n’existe plus ou ce qui se trouve en pleine confusion. Les transformations et mutations qui tourmentent le développement vont au hasard, et ni les masses populaires ni les leaders n’ont de référence pour orienter les changements nécessaires…».
Et abordant le second objectif à atteindre, il précisait ainsi sa pensée : « Le Rwanda – carrefour en Afrique centrale – a un rôle considérable à jouer. S’il n’a pas de prétention de leadership politique, il a de par sa position géographique, de par sa psychologie, de par la cohésion de ses enfants instruits, une place importante et un devoir auquel il ne peut se dérober : à savoir celui de maintenir les vraies valeurs africaines, surtout culturelles, de la partie centrale du continent africain, et de participer à l’action qui guidera ces valeurs. »
Dans la nouvelle Académie devaient être réunies les personnalités les plus représentatives de la culture rwandaise, leur tâche pratique étant de rechercher les moyens les plus appropriés de « réunir l’héritage valable du passé, de l’analyser, de le mettre au diapason de l’âme actuelle de notre peuple, de recueillir et d’analyser les éléments nouveaux provenant de cultures étrangères, de faire la synthèse de la culture actuellement valable pour un Développement moderne du Rwanda et de l’Afrique, et de conduire rationnellement l’évolution de ce secteur de la vie nationale ».
En fondant la nouvelle Académie, le Président Kayibanda a tenu à définir quelle devrait être sa position objective dans la perspective de justice et de fraternité nationale qui est celle de sa politique révolutionnaire depuis le départ. Le Rwanda, écrivit-il dans sa lettre du 27 septembre 1970, (…) a « l’avantage d’avoir su recueillir bien des richesses du passé, (…) d’être un pays large et ouvert grâce à la symbiose des ethnies qui l’habitent; les événements politiques des années passées, la Révolution de novembre 1959, n’ont fait qu’éjecter les éléments qui n’avaient pas, pour des égoïsmes divers, accepté cette symbiose, cette voie constructive d’une société qui se veut solide et efficace ».
Enfin, voulant faire de la Culture rwandaise une culture riche de tout l’acquis universel, le Gouvernement rwandais a développé une coopération culturelle croissante avec des pays divers : avec les pays de l’OCAM d’abord, puis avec les pays voisins; avec des pays d’Europe occidentale et orientale, et d’Amérique du Nord; et enfin d’une façon particulière, avec le monde francophone dans le cadre de l’Accord de Coopération Culturelle et Technique, conclu à Niamey, le 20 mars 1970.
Une remarquable initiative privée est venue contribuer ces dernières années à l’effort gouvernemental de promotion culturelle nationale : l’association « Caritas Rwanda », après avoir créé 4 librairies, 24 bibliothèques publiques, 90 bibliothèques pour étudiants en vacances, et 5 bibliothèques pour les prisons, a organisé des éditions rwandaises, et lancé un concours littéraire sous le haut patronage du Ministre de l’Éducation Nationale.
Progrès du Christianisme
La Révolution de 1959 fut pour les populations rwandaises l’occasion d’un regain d’intérêt pour le Christianisme. L’Église Catholique, qui avait vigoureusement et courageusement dénoncé les anciennes injustices sociales, avait plus tard mis toute son influence en jeu pour tempérer, le cas échéant, les ardeurs révolutionnaires. Prêchant la tolérance et le pardon, elle avait contribué à la pacification des esprits.
Son souci de justice et de bonté impartiale en avait fait le refuge de quiconque se trouvait dans le malheur. Et lorsque, fin 1963, les attaques des «Inyenzi » avaient provoqué, dans les régions bouleversées par leur campagne de faux bruits, des réactions populaires incontrôlables, l’Eglise avait usé de la plus grande énergie pour blâmer les excès et pour contribuer à rétablir le calme.
De quelque ethnie qu’elles soient, les populations rwandaises avaient réalisé clairement que l’Église combattrait impartialement pour la justice, et qu’en elle se trouvait un idéal humain universel et éternel, par-delà les contingences, les particularismes, et les vicissitudes de la vie des gens et des peuples.
Par ailleurs, la grande modération des principaux leaders révolutionnaires, pour la plupart Chrétiens convaincus, et l’engagement chrétien de leur politique, contribuèrent à marquer profondément le Rwanda nouveau. La loi fondamentale de la République, adoptée le 24 novembre 1962 par l’Assemblée Constituante, consacra le fond chrétien de la pensée sociale et politique rwandaise : respect absolu et protection de la personne humaine, respect de la famille considérée comme cellule de base de la société, égalité des citoyens, respect des libertés et des droits fondamentaux tels que définis dans la Déclaration universelle des Droits de l’Homme. Et en particulier, respect de la liberté de conscience et de la liberté de professer et pratiquer sa religion, étant entendu que les institutions et communautés religieuses ne pouvaient empiéter sur les prérogatives de l’État, ni s’immiscer dans le domaine proprement politique.
Durant ces derniers dix ans, la communauté catholique a donc connu au Rwanda une extraordinaire expansion : le nombre des baptisés et des catéchumènes, estimé à 698 000 et 435 000 en 1960, passa à 909.000 et 403.000 en 1965, et à 1 439.0001 et 385.000 en 1971…
Pour accueillir et servir ce nombre croissant de Chrétiens, l’Église catholique rwandaise s’efforça d’adapter son organisation communautaire. Un cinquième Évêché, celui de Kibungo, s’ajouta en 1968 aux Évêchés existant de Kabgayi-Kigali, Nyundo, Butare et Ruhengeri. Mgr Joseph Sibomana, à qui avait été confié en 1961 le Diocèse de Ruhengeri, fut chargé d’ouvrir le nouvel Évêché de Kibungo ; tandis qu’un nouvel Évêque était nommé à Ruhengeri, le 30 novembre 1968, en la personne de Mgr Phocas Nikwigize.
Le nombre des prêtres ne s’est accru que modestement depuis 1960. Dès l’année précédente, en effet, de nombreux étudiants Hutu des Séminaires avaient entendu l’appel de la nouvelle démocratie rwandaise, en grande pénurie de cadres supérieurs. Et un bon nombre d’entre eux avait bénéficié de bourses d’études et gagné les Universités ; tandis que plusieurs étudiants Tutsi s’expatriaient. Pour s’assurer un plus grand nombre de vocations sacerdotales, l’Église catholique institua à Cyanika (Butare) en 1967, puis à Rutongo (Kigali) en 1971, des « Séminaires d’Aînés » : ouverts aux candidats ayant déjà reçu une certaine formation secondaire en dehors des Petits Séminaires. En 1960, le pays comptait 107 prêtres rwandais et 152 prêtres étrangers; en 1965, respectivement 141 et 215; et en 1971, 155 et 242.
L’une des conséquences du Concile Vatican II fut l’effort général entrepris pour actualiser la liturgie, la rendre plus naturelle et moins hiératique, et aboutir à une foi plus personnelle et plus engagée au service de la communauté humaine. La hiérarchie catholique locale s’efforça notamment d’innover la liturgie, en fonction des usages et des modes d’expression les plus appropriés au Rwanda. Le Centre de catéchèse de Butare reçut pour tâche de mettre au point un nouveau programme de catéchèse pour les écoles primaires et secondaires, et pour le catéchuménat. Une série de manuels, et finalement le nouveau catéchisme publié en 1971, furent progressivement élaborés. De son côté, l’Institut Catéchétique de Butare, fondé en 1962, s’attacha à former des professeurs de religion pour les écoles, tandis que les catéchistes diplômés nécessaires pour les catéchuménats étaient formés dans les quatre écoles de Rutongo, Nyundo, Nyumba et Ruhengeri. Un effort étant fait pour utiliser progressivement les catéchumènes à plein temps, le nombre de ceux-ci a pu être quelque peu réduit, passant de 2512 en 1960 à 1923 en 1971.
Enfin, l’ancienne organisation en Paroisses, succursales centrales, chapelles-écoles et Conseils de voisinage chrétien (Inama) fut théoriquement adaptée et complétée; à la fois pour actualiser et approfondir l’engagement chrétien, et pour mieux servir une communauté chrétienne toujours plus large. Dorénavant les laïcs reçurent au sein de leur communauté religieuse un rôle considérablement accru. Dans un bon nombre de Paroisses, les Conseils de voisinage (Inama) furent regroupés en secteurs comptant chacun de 2000 à 4000 Chrétiens, et ayant à leur tête un comité de 8 élus (représentant les hommes, les femmes, les garçons et les filles). Là où ils avaient été formés, ces comités furent investis d’importantes responsabilités : célébration du dimanche en l’absence de prêtres; choix de ceux qui seraient chargés de distribuer la communion; admission des enfants ou des catéchumènes au baptême; gestion des biens locaux de la Paroisse, et ainsi de suite.
Les différents comités de secteurs furent ensuite réunis et constitués en conseils paroissiaux, ceux-ci ayant à prendre toutes les options et décisions importantes concernant la communauté paroissiale en sa totalité.
Puis au début de 1972, des conseils pastoraux diocésains furent mis en place, réunissant des laïcs représentant les diverses Paroisses et les enseignants du Secondaire, des prêtres représentant les différents doyennés, des religieux et religieuses, ainsi qu’une série de personnes désignées par l’Évêque notamment pour représenter la jeunesse.
A côté de cette nouvelle structuration communautaire, l’éventail déjà impressionnant des ordres, congrégations et associations chrétiennes œuvrant au sein de l’Eglise rwandaise s’enrichit de plusieurs apports nouveaux. Parallèlement, les Églises chrétiennes Anglicane, protestantes et Adventiste, ont étendu leur action et leur influence. Le diocèse anglican du Rwanda, dont le siège est à Kigali, fut confié le 6 mars 1966 à Mgr Adonia Sebununguli (sacré le 6 juin 1965). La Communauté anglicane comptait en 1971 environ 150.000 membres. Quant à l’Église Presbytérienne, elle a élu, le 9 août 1971, comme Président le Pasteur Naasson Hitimana. Les Églises Baptiste et Pentecôtiste ont intensifié leurs activités d’évangélisation dans le pays, surtout dans le Sud, l’Ouest et le Nord. Et les Adventistes du 7ème Jour enfin, répartis en quatre « Fields », ont maintenu courageusement leurs positions, mais sont restés plutôt fermés sur eux-mêmes.
A part cette réserve, du côté catholique comme du côté protestant, la grande tendance au rapprochement, à la collaboration et à l’unité visible de tous les Chrétiens s’est fait jour au Rwanda. A partir de 1961, des réunions périodiques de prêtres et de pasteurs furent organisées. Puis en 1969, une Fraternité Œcuménique fut créée à Kigali par la communauté protestante des Frères de Taizé et par les Bénédictins de Gihindamuyaga.
Tout en étendant ainsi leur champ d’action sur le plan proprement religieux, l’Église catholique et les Églises chrétiennes séparées d’elle ont amplifié leur effort au service du développement du pays, avec l’aide des mouvements chrétiens internationaux et nationaux. Dans le domaine culturel d’abord, par la fondation et le fonctionnement de nombreux établissements scolaires nouveaux, ou encore par la création de librairies, de bibliothèques publiques, de clubs de lecture, et de maisons d’édition… Dans le domaine socio-économique ensuite, par le financement de nombreuses microréalisations (aide aux artisans, constructions d’utilité sociale, etc.), par l’aide et l’encouragement aux initiatives locales de développement rural, par l’aide aux centres nutritionnels et aux foyers sociaux par une aide alimentaire aux internats scolaires, une aide en médicaments aux hôpitaux et dispensaires, et par diverses initiatives en vue du reclassement des jeunes délinquants… Dans le domaine plus spécialement caritatif, elles ont apporté aide et réconfort aux plus pauvres, aux orphelins, aux vieillards, aux invalides et aux grands malades (notamment aux lépreux), aux prisonniers, etc.
L’action poursuivie dans le domaine sanitaire
Les autorités rwandaises se sont attachées très vite à étudier une réorganisation rationnelle du système sanitaire en vigueur dans le pays. Ce système comportait essentiellement en 1960 un réseau d’installations fixes (20 hôpitaux et 67 dispensaires) délivrant des soins curatifs, la médecine préventive étant exercée par d’importantes campagnes occasionnelles (contre la malaria, la TBC, la variole, etc.).
La médecine préventive ne se trouvait supportée en fait par quasiment aucun dispositif fixe permanent. Ce qui réduisait à l’extrême son rôle dans la société rwandaise.
En 1962, le Gouvernement rwandais demanda donc à l’OMS l’envoi d’une mission pour l’étude, d’abord de la place à donner à la médecine curative et à la médecine préventive dans le dispositif sanitaire du pays, et ensuite de la réorganisation correspondante de l’ensemble des services dépendant du Ministère de la Santé Publique.
La principale conclusion de l’étude menée en cette occasion fut que priorité devrait être donnée dorénavant à la médecine préventive. L’on s’attaquerait par elle aux deux maux principaux qui affaiblissent la santé publique du pays : les mauvaises conditions de l’hygiène sociale et la malnutrition, qui ont pour effet de diminuer considérablement la résistance aux maladies. Grâce à cette action, les charges de la médecine curative seraient automatiquement allégées dans la suite.
Pour mettre en pratique cette option nouvelle, il fallait modifier l’action médicale au niveau des dispensaires ruraux, et transformer progressivement ceux-ci en « centre médico-sociaux ». Dans ces nouveaux centres, non seulement l’on donnerait des soins curatifs, mais en outre l’on assurerait l’éducation sanitaire des populations et l’on procéderait aux vaccinations et autres dispositions préventives. Ces centres devraient même, dans l’optique retenue par le Gouvernement rwandais, remplir des tâches plus larges : celles du dispensaire et du foyer social communal réunies. Ainsi y enseignerait-on comment se protéger contre les maladies; comment assurer la santé des mères et des femmes enceintes, la croissance des enfants. L’on y enseignerait les méthodes du planing familial; les meilleures pratiques ménagères et culinaires ; l’hygiène de la maison; l’amélioration des pratiques agricoles et zootechniques, la lecture et l’écriture; et encore l’organisation des loisirs et des sports…
Ainsi conçus, les centres médico-sociaux devaient jouer un rôle très efficace pour le développement communautaire.
Quoique cette mutation ait été retenue comme une priorité par le Plan Quinquennal, il fallut en pratique tenir compte des infrastructures préexistantes séparées des dispensaires et des foyers sociaux. Leur fusion ne pouvait donc être réalisée que progressivement, là où elle pourrait se faire sans gaspillage ou double emploi. En 1972, cinq centres médico-sociaux réellement importants ont pu voir le jour : à Kibilizi, Masaka, Butare, Kirinda et Gitarama. En outre, 38 centres nutritionnels (formule médico-sociale simplifiée) ont été créés depuis 1963; leur construction et leur démarrage ont été partiellement assurés par des aides privées, des primes en nature (lait écrémé, huile et gruau d’avoine) étant ensuite données aux parents pour encourager les visites régulières. Les parents ont cotisé à raison de 360 F par an, de telle sorte que les différents centres ont pu s’autofinancer généralement 6 mois après leur démarrage.
Parallèlement à cet effort dans le domaine de la médecine préventive, certaines réalisations importantes ont pu être obtenues au niveau des infrastructures et du fonctionnement de la médecine curative.
En 1962, l’ancien dépôt pharmaceutique de Bujumbura avait été scindé, et un Office Pharmaceutique national avait été mis en place à Kigali. Puis, en vertu d’une loi du 19 février 1964, les soins médicaux qui avaient été déclarés gratuits deux ans plus tôt, redevinrent payants afin de permettre un meilleur approvisionnement des hôpitaux et dispensaires en médicaments. Cet approvisionnement continua toutefois, et continue encore, à poser un problème financier. Diverses aides ont été reçues occasionnellement de certains pays et d’associations privées en ce domaine.
Sur les 20 hôpitaux existant en 1960, trois ont été considérablement développés : celui de Ruhengeri d’abord, porté de 227 à 356 lits et pris en charge aux 3/4 par la Coopération française; celui de Butare ensuite, porté de 343 à 369 lits et aménagé en hôpital universitaire; et celui de Kigali enfin, porté de 371 à 420 lits et transformé en un grand centre hospitalier pris en charge aux 3/4 par la Coopération belge. Par ailleurs, le home de Gatagara pour la rééducation des enfants handicapés s’est développé considérablement, traitant 80 cas en 1962 et 707 en 1972 (en ce compris les anciens cas). Puis, en 1968, un premier centre psychiatrique fut fondé dans le pays, à Ndera près de Kigali, par la congrégation des Frères de la Charité de Gand, pouvant soigner 120 malades mentaux par les méthodes médicinales et ergothérapeutiques.
Quant aux dispensaires médicaux, dénombrés à 67 en 1960, ils passèrent à 82 en 1965 : 63 du Gouvernement (dont 22 sans lits) et 19 des Paroisses chrétiennes (dont 10 sans lits). Puis ils passèrent à 142 en 1972: 101 du Gouvernement (dont 45 sans lits) et 41 des Paroisses chrétiennes (dont 13 sans lits), notamment grâce à une participation financière des populations intéressées. La capacité hospitalière totale est ainsi passée de 1951 lits en 1960 à 2 300 lits en 1965 et 4659 lits en 1972.
Pour assurer le service médical dans ce dispositif sanitaire en expansion, le Gouvernement rwandais s’efforça d’augmenter la formation de personnel qualifié à tous les niveaux. La formation des médecins fut assurée essentiellement par la Faculté de Médecine de l’Université Nationale : alors qu’en 1964, le Rwanda ne disposait que d’une trentaine de médecins, tous étrangers (soit environ 1 pour 100.000 habitants), il compte en 1972, 27 médecins rwandais et 61 médecins étrangers (soit, compte tenu de la croissance démographique, environ 1 pour 44 000 habitants).
Puis en 1969, fut organisée à Butare également une École Supérieure des Sciences Infirmières, formant des Infirmières de niveau Al.
Quant à la formation du personnel para-médical masculin moyen, elle fut assurée d’abord par le Groupe Scolaire de Butare (formant des assistants-médicaux A2), et par l’École médicale de Kigali (formant des infirmiers, puis à partir de 1970, des assistants-médicaux). Quant au personnel féminin moyen, il a été formé par l’École de Kabgayi et, à partir de 1970, par le nouvel Institut Grégoire Kayibanda de Rwamagana (formant tous deux des infirmières accoucheuses et hospitalières A2); et par les Écoles de Kilinda et Rwamagana (formant des infirmières auxiliaires).
A côté de cet effort d’extension des services sanitaires généraux, diverses campagnes préventives furent encore entreprises. Contre la tuberculose d’abord : 1.700.000 personnes furent vaccinées entre 1965 et 70, soit 82 % de la classe d’âge de 0 à 20 ans; contre la variole ensuite : durant la même période, 3.255.000 personnes furent vaccinées, soit 91 % de la population totale. Outre ces deux campagnes, financées par l’OMS, l’UNICEF et le PNUD, une campagne a été lancée à partir de 1960 dans le Sud-Est du pays contre la tripanosomiase : par traitement aérien de 3000 ha, puis en 1969 et 1970 par désinsectisation manuelle et par le tracé d’un couloir anti-glossinaire le long de la frontière du Burundi. Si le nombre des cas de cette affection a sensiblement diminué dans le Sud (10 nouveaux cas en 1969, contre 25 en 1967), il a fallu faire face à une certaine extension dans l’une ou l’autre région de l’Est du pays depuis 1970.
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