Le 1er mai 1957, jour de ses 33 ans, Grégoire Kayibanda apprit que ses démarches pour obtenir un stage auprès d’un grand journal régional d’actualité en Europe étaient sur le point d’aboutir. Il s’y prépara donc, avec le double souci de n’être pas trop longtemps séparé ni de sa famille, ni de la « jeune équipe de Chrétiens sociaux » qui luttait avec lui pour « débarrasser le petit peuple des injustices « .

Il ne voulait pas que son absence ait pour résultat de « prolonger encore le terrible joug imposé aux humbles « .

Dans le courant du mois d’août, Mgr Perraudin l’avisa enfin que le stage demandé avait bel et bien été arrangé, auprès du journal « Vers l’avenir « , qui avait son siège à Namur, Belgique. Et qu’il pourrait en profiter pour participer d’abord, à Rome, à un Congrès Mondial des Laïcs et, plus tard, à l’animation du stand de la presse au sein du Pavillon des Missions Catholiques à l’Exposition Universelle de 1958 à Bruxelles.

Et le 9 septembre 1957, après avoir dûment signé l’engagement de revenir travailler au Kinyamateka à son retour, il prit l’avion pour l’Europe.

Hébergé d’abord à Heverlee, une petite ville proche de Louvain, où il retrouva d’autres étudiants rwandais venus de Maredsous et de Malone, il s’installa ensuite à Namur, où il devait accomplir son stage. L’absence du directeur de « Vers l’avenir « , Marc Delforge, avec qui il devait organiser son travail, lui donna le temps, au cours des premiers jours, de renouer certains contacts établis en Belgique en 1950 et de se préparer au Congrès de Rome.

Et le 30 septembre, il entreprit – avec notamment Gaspard Cyimana (qui allait entamer des études commerciales à Anvers) – un périple qui, en quatre jours, le mena à Paris, Tours, Angers, Lourdes (où il se recueillit non sans émotion à la grotte des apparitions mariales)… et de là à Marseille puis à Rome… où il assista le 5 octobre à l’audience inaugurale que donna le Pape Pie XII aux quelque 2000 congressistes pour leur rappeler, avant le début de leurs travaux, que « la base de tout apostolat est une vie intérieure authentiquement évangélique ».

Lors du congrès qui se déroula les jours suivants, il nota « la variété inouïe des délégations, – qui n’a nui en rien à l’unité d’objectif, – la riche diversité des réalisations de toutes les Églises locales, la fraternité sincère qui régnait entre nous tous, et le souci qu’avait chacun de recevoir et de donner. Tout cela, sans rien d’artificiel, tellement qu’à un moment donné, dans le carrefour « Culture « , ça a été « houleux  » : Africains et Asiatiques trouvant que les Occidentaux ne tenaient pas assez compte de leurs cultures, et confondaient un peu Occident et Chrétien. Mais même en cela, on se plaçait dans l’objectif du règne de Dieu ».

Les premiers jours du congrès avaient été consacrés à des conférences, qu’il suivit « toutes sauf une « . Le soir, avec son ami Gaspard, il les relisait à tête reposée, retenant particulièrement celles de Joseph Folliet, de John Wu, Karl zu Lôwenstein, J.-B. Montini, Gérard Philips, et surtout José Lasaga. « Après les conférences, nota-t-il, on échangeait des idées, on faisait connaissance, ou on allait demander l’aqua minerale pour se rafraîchir « .

Peu après, il participa aux travaux de carrefours francophones, axés sur des thèmes particuliers, et qu’il jugea « plus vivants, plus concrets, plus directement pratiques » : sur la famille rurale, l’apostolat rural, la presse et autres médias. « J’ai suivi tellement activement les débats, écrivit-il dans ses Carnets, qu’à la sortie j’ai dû tenir une réunion supplémentaire. J’avais parlé de nos publications et de leurs rôles respectifs, et il y en a qui y trouvaient une expérience susceptible d’être utile « .

La Légion de Marie était bien représentée au congrès. Profitant d’une après-midi de temps libre, « nous avons même organisé une rencontre… Un Cardinal, des Évêques… 41 pays étaient présents… Mlle O’Connor, la déléguée pour le Congo et le Ruanda-Urundi était là, et m’a demandé si je ne pourrais pas pousser jusqu’à Dublin, Irlande « .

Le congrès se clôtura dimanche 13 octobre. Grégoire Kayibanda repartit avec la délégation belge par Lugano (où ils logèrent), Bâle, Strasbourg et il arriva à Namur le 16. Il nota que ce voyage lui avait permis de voir des profusions de belles choses, à travers villes et campagnes. Mais en même temps, il s’attristait, en pensant aux « pauvres enfants gueux et affamés » vivant ailleurs dans le monde et qui « constituaient la plus grande insulte de l’âge atomique « . Faisant aussi allusion aux conflits idéologiques entre libéralisme et communisme, il formait le vœu « que ceux qui connaissent l’Évangile de vérité l’appliquent aux faits concrets, et ne se contentent pas seulement de condamner ceux qui prennent de faux remèdes « .

Dès son retour à Namur, il entama son stage journalistique, qui lui donna un aperçu assez complet des activités d’un journal provincial mais branché sur l’actualité en Europe. Il s’intéressa aussi bien à la rédaction qu’à la mise en page, à l’organisation interne du travail, à la diffusion… Il participait aux travaux tant qu’il le pouvait, mais notait à part lui : « En tout cela, il me faut de la patience, car mon travail est un travail d’observation plutôt qu’une véritable activité « … Il accompagnait parfois des reporters « pour voir comment ils s’en tirent « . Une autre fois, il fut « envoyé au home des artistes africains à Bruxelles pour un reportage qui, paraît-il, est très bien, sauf qu’il me manquait les photos suffisantes « .

Étant dès le début de son séjour en Europe rentré en contact avec les syndicats ouvriers chrétiens belges, qui étaient très sensibilisés aux graves problèmes sociaux du Rwanda, il y fit la connaissance de plusieurs personnalités qui lui apportèrent dorénavant aide et amitié : Jean Brück (futur conseiller spécial pour le Développement à la Communauté Européenne), Auguste Cool (futur président du Parti Social Chrétien de Belgique), Victor Michel (président du Mouvement Ouvrier Chrétien, puis Député Européen ), Max Bastin (directeur du journal La Cité à Bruxelles, puis du Courrier d’Afrique à Kinshasa), Jean Heinen ( rédacteur en chef de La Cité), Lucie Bragard, André Louis, Louis Dereau, Jules Fafchamp, et tant d’autres. Il y rencontra aussi fréquemment les responsables de l’Action Sociale, et en particulier les « Équipes Populaires » pour l’éducation des hommes adultes : expérience dont il semble avoir pu s’inspirer plus tard pour organiser les équipes locales du Mouvement Social Hutu.

Il fut bientôt invité par le secrétaire du Mouvement Ouvrier pour la région de Thuin en Hainaut, André Bertrand, à une rencontre régionale de ce mouvement, puis dans des sections locales. Hébergé chez son hôte, il se lia d’amitié avec sa famille et, peu après, avec un jeune prêtre de la paroisse, l’Abbé Sylvain Bourguet, qui le rejoindra bientôt au Rwanda. Lorsqu’il voyait que ce serait utile à la bonne cause, il acceptait aussi de faire ici et là des conférences sur la situation de son pays.

Début novembre 1957, il nota l’arrivée à Bruxelles, pour un stage auprès du journal La Cité, de son ami et ancien condisciple Aloys Munyangaju. Quelques jours auparavant (le 1er novembre), Joseph Habyarimana Gitera avait avec celui-ci fondé à Butare l’« Association pour la promotion sociale de la masse » (Aprosoma), comme une entité distincte mais complémentaire du Mouvement Social Hutu. A ce propos, Grégoire Kayibanda écrivit alors dans ses Carnets : « Cher Aloys, nous nous compléterons pour la promotion de notre pays dans la vraie justice et l’union « .

En date du 17 novembre 1957, il fit un rapide aller-retour à Dublin en Irlande, pour participer à l’assemblée du Concilium de la Légion de Marie pour ce pays, assemblée qui réunissait quelque 500 jeunes et adultes. Cette expérience l’intéressa vivement : « Il ne s’agit pas là d’un vague mysticisme, écrivit-il, mais de réalisations concrètes dans la vie réelle… d’administration serrée et de rigoureuse discipline. La vie humaine est considérée telle qu’elle se pratique : sans rien de raide ni de ridiculement mathématique… J’ai pu voir la charité sincère à l’oeuvre. Voyez comme ils s’aiment, voyez comme ils aiment : désintéressement et dévouement total et sans équivoque… Ils ont des responsabilités familiales, mais n’en font pas un prétexte pieux pour vivre un christianisme égoïste qui est une caricature « .

Quelques jours plus tard, ayant repris son stage à Namur, il relevait dans ses Carnets cette « difficulté sociologique » si importante que rencontre tout journaliste digne de ce nom œuvrant dans un pays qui n’est pas le sien : « La seule observation ne peut lui suffire, notait-il. Il faut comprendre le milieu, pour adapter ce que l’on voit aux situations concrètes de chez nous « … Il faut donc toujours « renforcer sa culture générale « , de façon à être sûr de comprendre le vrai contexte des faits « .

Dans les premiers jours de 1958, invité par l’association des Organisations Internationales Catholiques (OIC), il participa à Louvain à trois journées d’étude sur la formation à l’aspect international du journalisme. Et y assista notamment à une conférence qui le passionna sur l’aide aux pays en voie de développement, donnée par Raymond Scheyven, qu’il retrouvera plus tard comme Ministre belge de la Coopération au Développement.

Au cours du stage long et varié qu’il poursuivait ainsi en Europe, coupé de sa famille, de ses amis, de son pays, il passa – avoue-t-il encore dans ses Carnets, – par des moments « d’abattement, de solitude et d’angoisse « , surtout à l’époque des fêtes familiales de la fin de l’année 1957. Mais il put vite se ressaisir en pensant à l’avenir : il ranima ses grands projets, essentiellement « la promotion humaine des masses populaires » au Rwanda. Il « entrevoyait les dangers qui l’attendaient « , mais leur donnait un sens chrétien.

Le 10 février 1958, il visita Banneux (près de Liège ) et son sanctuaire marial dédié à la Vierge des Pauvres, dont il jugeait le message « si bienvenu, s’adressant à un monde dont les deux tiers meurent de faim « .

Dès la mi-mars 1958 enfin, son stage s’achevant, il s’installa à Tervueren au centre d’accueil organisé pour le personnel africain de l’Exposition Universelle qui devait s’ouvrir un mois plus tard à Bruxelles. Déjà s’y trouvaient logés plus d’une centaine de personnes, hommes, femmes et enfants. Il s’y lia d’amitié avec l’Abbé Jean Massion qui était affecté là-bas en permanence, et qui était « le père de tout ce monde et le curé du logement « .

Et lorsque le 15 avril l’Exposition ouvrit ses portes, il prit ses fonctions au pavillon des missions catholiques. En alternance avec d’autres, il s’y occupa du stand de la presse. « Quand c’est mon tour, écrivit-il, si les visiteurs étrangers parlent anglais ou allemand, notre stand n’a pas besoin d’interprètes » pour l’accueil, les explications, les conversations… Car il s’en chargeait lui-même. « Et cela sans bruit.

Vous connaissez mon genre « ‘. Dans ses contacts avec les gens, il s’efforça de dépasser autant que possible « toutes mesquineries d’idéologie, ou de différences psychologiques, afin de les gagner à la fraternité humaine « .

Lorsqu’il n’était pas « de service « , il lui arrivait d’aller à Paris, Bonn ou d’autres villes pour assister à diverses conférences. Il acquérait ainsi de nouvelles informations et de nouveaux amis. Ainsi alla-t-il à une réunion à Bad-Godesberg sur le thème Fidei donum., son voyage étant pris en charge par un ami allemand… Il était aussi invité dans des familles en Belgique, et y faisait de nombreuses connaissances. Et tout cela n’était pas sans fatigues, on le devine !

Mais durant ce temps, que se passait-il au Rwanda ?

Le grand problème socio-racial y avait connu d’importants rebondissements, car au vu des document qui lui avaient été présentés (et notamment du Manifeste des Hutu) et de ses propres enquêtes, la dernière Mission de Visite de l’ONU, dirigée par l’Ambassadeur haïtien Max Dorsinville, l’avait en septembre 1957 monté en épingle. Si bien qu’il n’était plus possible de l’escamoter.

Le Mwami Mutara avait donc convoqué à Nyanza le 30 mars 1958 un Comité paritaire d’étude comprenant six des principaux leaders hutu (Balthazar Bicamumpaka, Calliope Mulindahabi, J.-M.-V. Bendantunguka, Maximilien Nyonzima, Joseph Habyarimana Gitera et Claver Ndahayo) face à autant de membres du CSP. Et l’avait chargé d’examiner et de discuter le contenu du Manifeste des Hutu.

Il avait organisé parallèlement une réunion d’une quarantaine de Chefs, où certains avaient émis d’âpres critiques contre les leaders hutu et contre certains prêtres.

Or, à la veille de la réunion du CSP qui devait examiner les conclusions du Comité paritaire, comme pour forcer la main de Mutara et le contraindre à faire cause commune avec eux, les membres les plus conservateurs des familles possédantes tutsi élaborèrent à son intention, et lui remirent, deux documents sans équivoque. Le premier, daté du 17 mai, était signé par douze des responsables les plus engagés de la « hiérarchie coutumière « , clients directs du Mwami; conformément à la logique de l’époque, il oubliait l’argument de la  » continuité  » qui avait été si important pour leurs ascendants jadis, lors des anciens métissages dynastiques, et qui seul eût pu à présent ressusciter une illusion de légitimité et d’harmonie : « Nos rois, affirmait-il, ont jadis conquis le pays des Hutu en tuant leurs rois… Comment peu-vent-ils maintenant prétendre être nos frères ? Il n’y a entre eux et nous aucun fondement de fraternité  » ! Et le second document, plus terre à terre, et signé le lendemain par une quinzaine d’autres vieux Tutsi, propriétaires de grands troupeaux, complétait le premier : il visait à informer le Mwami et le CSP de leur opposition radicale à toute réforme foncière car elle détruirait les bases mêmes de la vie au Rwanda « … et demandait au Mwami « de rechercher les personnes qui provoquent tant de troubles révolutionnaires « .

Le lendemain, le CSP s’était réuni pour étudier le problème Hutu-Tutsi et celui de la réforme foncière, en présence d’un représentant de la Tutelle. Les six leaders hutu du Comité paritaire y étaient invités : ils tentèrent d’obtenir du Mwami qu’il y réponde « en dehors et au-dessus » de la « hiérarchie coutumière » qui l’entourait. Ils furent soutenus en cela par une minorité non négligeable de Tutsi modérés (car pris individuellement, plusieurs membres du CSP étaient ouverts et compréhensifs). Mais ils ne purent l’obtenir. Ils furent ensuite profondément déçus par le représentant de la Tutelle, qui tenta d’édulcorer le problème « que ces pétitionnaires veulent noircir ». Selon lui, « le Gouvernement ne saurait démocratiser instantanément toutes les institutions du pays, alors que la maturité politique n’est pas encore à ce niveau… Il s’agit d’un problème de pauvres gens, mais qui en soi n’en est même pas un, du moins quant à l’aspect dramatique dont on veut le revêtir « . Bref, seuls les soutinrent ouvertement trois des membres du CSP : Anastase Makuza ( seul Hutu, avec Jacques Hakizimana qui avait récemment démissionné ), l’Abbé Stanislas Bushayija et Alexis Karekezi ( deux Tutsi modérés à l’esprit généreux)…

La déception des leaders hutu se mua enfin en stupeur et en froide colère, lorsqu’ils entendirent le Mwami lui-même répondre au Manifeste en niant jusqu’à l’existence de tout problème entre Hutu et Tutsi, et en traitant de « criminels ceux qui sèment la division « … Ajoutant même que « quand serait trouvé l’arbre qui produit ces mauvais fruits de division, il serait coupé, déraciné et brûlé, pour qu’il disparaisse et que plus rien ne reste « …

Pendant ce temps-là, deux des principaux leaders hutu, Grégoire Kayibanda et Aloys Munyangaju, étaient encore à l’étranger pour quelques mois. Ils n’allaient plus tarder à rentrer au pays…

Le 2o juin, Grégoire Kayibanda fut rejoint à Tervueren par son épouse, Véridiane, et par ses enfants, qui étaient alors au nombre de quatre. Grande fut sa joie de revoir les siens après dix mois entiers de séparation : « Diane est heureuse, nota-t-il. Les enfants ont repris leur grande gaieté et leur assurance devant papa « .

Il leur avait préparé un programme, de façon à ne pas les bousculer, leur faisant d’abord voir Tervueren, puis Bruxelles et l’Exposition… puis rencontrer les familles qu’il connaissait’, puis parcourir en train de vastes régions. Ce séjour devait être pour eux une ouverture sur le monde : « Ils doivent gagner à savoir que le monde est grand, et passe leur maison « … Sa joie très vive s’exprima dans ses Carnets personnels où, sur trois pleines pages, il nota un long chant en langue rwandaise.

Ceux qui l’ont rencontré à cette époque ont été frappés par sa grande discrétion : « De son engagement politique, il ne parlait pas. Et ce n’est qu’au fil du temps que nous en avons appris l’importance « ‘. Ils en ont retenu par contre certaines réflexions qui, à l’époque, leur avaient donné à penser… Ainsi, lorsqu’il avait déploré l’anonymat des villes et des services publics « où sont perdus tant de contacts humains « … ou lorsqu’il avait admiré une maison « si bien équipée » mais qui n’aurait de sens que « remplie d’enfants « …

A la mi-septembre, il se rendit à Lourdes avec Véridiane, « heureuse, et consciente du don de Dieu « , et « avec l’innocente Bernadette « , alors âgée de quatre mois et représentant leurs enfants. Et dans sa ferveur, l’on retrouve ce grand élan romantique que nous connaissons déjà, et qui semble avoir animé toute sa vie, notamment lorsqu’il évoque dans ses Carnets le « don à mort » de sa personne « au salut de ceux que Dieu lui a donnés « .

Dans les derniers jours d’octobre, il prit encore une semaine de contacts approfondis et de travail au « Boerenbond  » à Louvain. Il put y étudier ce que ce mouvement de la paysannerie flamande d’inspiration chrétienne faisait pour la jeunesse rurale, la femme rurale, le petit propriétaire foncier, l’artisan… et nota dans ses Carnets qu’il y avait rencontré « des gens solides de caractère et sans amour de soi, aimant la vérité, et très ouverts sur nos problèmes… charitables, sans colonialisme outré… Pour eux, c’est le frère en Dieu qui compte, et de qui ils n’attendent aucun intérêt « … Il revint de ce bref séjour avec « une plus grande lucidité… un accroissement de courage « .

Et le 8 novembre 1958, il prit l’avion à Bruxelles-Melsbroek avec sa famille et, via Léopoldville et Bujumbura, arriva le 11 à Kigali, d’où il gagna Kabgayi et Kavumu. Certains de ses amis avaient pu se cotiser pour venir à sa rencontre ; et le voisinage fêta le retour de toute la petite famille avec joie, heureux de le revoir après qu’on l’ait prétendu exilé. Car, en son absence, une vaste propagande avait été menée contre lui pour tenter de décourager les idées nouvelles.

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